Dans le cadre d’un viager occupé, les réparations sont réparties entre l’acquéreur et le vendeur. Le crédirentier a à sa charge l’entretien courant du bien et le débirentier (l’acquéreur) les grosses réparations. Le décret n°87-712 du 26 août 1987 définit la répartition de ces charges.
ce que nous proposons
Le viager occupé est une formule de vente immobilière particulière qui repose sur un principe simple : le vendeur cède la propriété de son bien tout en conservant le droit de l’occuper jusqu’à son décès. Cette situation crée une dissociation entre la propriété juridique du bien et son usage réel.
Dès lors, une question essentielle se pose : en viager occupé, qui paie les réparations ?
La réponse dépend principalement du type de droit conservé par le vendeur (droit d’usage et d’habitation ou usufruit) et des règles prévues par le Code civil, mais aussi des clauses spécifiques intégrées dans l’acte notarié.
Comprendre cette répartition est fondamental pour sécuriser la transaction et éviter tout litige futur.
Dans un viager occupé :
Le vendeur (crédirentier) vend son bien.
L’acheteur (débirentier) devient immédiatement propriétaire.
Le vendeur conserve un droit d’usage et d’habitation (DUH) ou un usufruit.
Le vendeur continue à vivre dans le logement jusqu’à son décès.
L’acheteur détient alors la nue-propriété, tandis que le vendeur conserve la jouissance du bien.
C’est cette séparation entre nue-propriété et droit d’occupation qui détermine la répartition des réparations.
Le Code civil distingue deux grandes catégories :
Les réparations d’entretien et charges courantes
Les grosses réparations (article 606 du Code civil)
En viager occupé, cette distinction est essentielle.
Dans la grande majorité des viagers occupés, les réparations d’entretien courant sont supportées par le vendeur.
Cela comprend :
L’entretien de la chaudière
Les petites réparations de plomberie
Le remplacement d’un robinet
Les réparations électriques mineures
L’entretien des peintures et revêtements
Le remplacement d’une poignée de porte
Les joints, serrures, mécanismes usuels
Pourquoi ?
Parce que le vendeur conserve la jouissance du bien. Il l’occupe comme s’il en était toujours propriétaire occupant. Il est donc logique qu’il assume les dépenses liées à l’usage quotidien du logement.
Cette logique est comparable à celle d’un usufruitier ou d’un locataire pour les réparations dites « locatives ».
Les grosses réparations sont définies par l’article 606 du Code civil. Elles concernent les éléments structurels du bâtiment.
Il s’agit notamment :
Des murs porteurs
De la toiture
Des poutres
Des voûtes
Des fondations
Des digues et murs de soutènement
Des travaux affectant la structure de l’immeuble
Ces réparations sont à la charge du nu-propriétaire, c’est-à-dire de l’acheteur en viager occupé.
La raison est simple : ces travaux touchent à la substance même du bien. Ils relèvent de la conservation du patrimoine immobilier, dont le propriétaire juridique reste responsable.
En viager occupé, le vendeur conserve soit :
Un droit d’usage et d’habitation (DUH),
Soit un usufruit.
Le DUH permet uniquement d’occuper personnellement le bien. Le vendeur ne peut pas le louer.
Dans cette configuration :
Le vendeur paie les charges courantes et l’entretien.
L’acheteur paie les grosses réparations structurelles.
C’est la situation la plus fréquente en viager occupé.
L’usufruit est plus large : le vendeur peut occuper le bien ou le louer.
Dans ce cas, le Code civil prévoit :
L’usufruitier supporte l’entretien courant.
Le nu-propriétaire supporte les grosses réparations.
La répartition reste donc similaire dans les grandes lignes.
Prenons quelques situations pratiques :
Une fuite sous un évier → vendeur.
Remplacement d’un chauffe-eau usé → vendeur.
Réfection complète de la toiture → acquéreur.
Ravalement de façade structurel → acquéreur.
Peinture intérieure → vendeur.
Réparation d’une fissure affectant un mur porteur → acquéreur.
Cette distinction est essentielle pour éviter les malentendus.
En viager, tout repose sur le contrat.
L’acte authentique signé chez le notaire précise :
La répartition exacte des charges,
Les modalités d’entretien,
Les obligations respectives,
Les éventuelles adaptations aux règles légales.
Il est possible d’aménager contractuellement la répartition des réparations.
Par exemple :
Certaines ventes prévoient un partage particulier pour certains travaux.
D’autres précisent que le vendeur devra maintenir le bien en bon état d’entretien.
Chaque viager est un contrat sur mesure.
Dans le cas d’un appartement en copropriété, la question des réparations devient plus technique.
On distingue :
Les charges courantes (entretien des parties communes, ascenseur, ménage)
Les travaux importants votés en assemblée générale
En général :
Le vendeur occupant paie les charges courantes liées à l’usage.
L’acquéreur prend en charge les travaux lourds assimilables aux grosses réparations (toiture, façade, ascenseur structurel).
La lecture attentive du règlement de copropriété et de l’acte de vente est indispensable.
La vétusté naturelle du bien ne modifie pas la répartition.
Si un équipement devient inutilisable par usure normale :
S’il s’agit d’un élément d’entretien courant → vendeur.
S’il s’agit d’un élément structurel majeur → acquéreur.
Cependant, si une dégradation résulte d’un défaut d’entretien du vendeur, celui-ci pourrait être tenu responsable.
Le vendeur occupant a l’obligation de conserver le bien en bon état d’entretien.
Le viager occupé repose sur un équilibre économique.
Le vendeur bénéficie :
D’un bouquet,
D’une rente viagère,
Du droit d’occuper le logement.
L’acquéreur achète :
Un bien décoté,
Qu’il ne peut pas utiliser immédiatement.
La prise en charge des grosses réparations par l’acquéreur correspond à son statut de propriétaire à long terme.
La prise en charge de l’entretien courant par le vendeur correspond à son droit de jouissance.
Cette répartition permet de maintenir l’équilibre contractuel.
Oui, mais toute modification influence l’équilibre financier.
Si l’acquéreur accepte davantage de charges :
Le montant de la rente peut être ajusté.
Le bouquet peut être modifié.
Tout est négociable avant la signature, mais rien ne doit être laissé dans le flou.
Pour éviter les litiges :
L’acte doit être extrêmement précis.
Les travaux lourds doivent être clairement définis.
Les responsabilités doivent être écrites noir sur blanc.
Un viager bien structuré ne laisse aucune place à l’interprétation.
En viager occupé, la règle générale est claire :
Le vendeur occupant paie les réparations d’entretien courant.
L’acquéreur, en tant que nu-propriétaire, paie les grosses réparations prévues par l’article 606 du Code civil.
Cette répartition repose sur la logique même du viager occupé :
le vendeur conserve la jouissance du bien, l’acheteur en conserve la structure et la valeur patrimoniale.
Cependant, seul le contrat notarié fait foi. Chaque viager étant unique, la précision des clauses est essentielle pour sécuriser la transaction et garantir un équilibre durable entre crédirentier et débirentier.
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